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Cycle de vie

Cycle de vie

Le grand tétras sélectionne son habitat au fil des saisons, afin que celui-ci lui apporte toutes les ressources dont il a besoin.

En fonction de ses activités, il est plus ou moins vulnérable au dérangement ou à la prédation. Ainsi certaines saisons peuvent se révéler très critiques pour sa survie.

En hiver

Dès que la neige recouvre le sol, le grand tétras vit dans les arbres, passant des perchoirs de nourrissage (pin ou sapin) à ceux de repos (hêtre, érable). La nourriture disponible consiste, la plupart du temps, en aiguilles de résineux. Seuls le sapin pectiné et plus rarement dans nos régions le pin à crochets sont mangés car leur feuillage est plus riche en matière azotée que celui de l'épicéa. La digestion est lente et n'autorise que deux repas par jour. Cela est juste assez pour obtenir l'énergie nécessaire à sa survie dans les meilleures conditions de calme et de tranquillité. S'il n'est pas dérangé, un grand tétras peut ainsi rester durant presque tout l'hiver sur moins de dix hectares.

Au printemps

Alors qu'une nouvelle source de nourriture apparaît, la saison des amours approche. Les bourgeons de hêtre vont procurer au grand tétras assez d'énergie pour commencer les parades.

La place de chant (secteur où se déroule l'activité du chant), occupe des zones de forêt claire de surface réduite (5 à 20 ha), relativement stable dans le temps, située en général au centre des meilleurs secteurs d'hivernage des coqs et des sites de nidification des poules.

Pendant un mois, les journées se déroulent de la façon suivante :

  • En début de soirée les mâles se perchent à proximité de la place de chant.
  • A la tombée de la nuit des prémices de chant se font entendre.
  • Au lever du jour, les coqs se rejoignent sur la place pour se donner aux différentes joutes : parades, chants et combats.
  • A la fin de la matinée les oiseaux retournent sur leur territoire.

Les poules ne se rendront sur place qu'au bout de 2 semaines de parade et éliront alors le coq dominant qui les fécondera (généralement, première quinzaine de mai). Ce coq, souvent le plus âgé, transmettra ses qualités de résistance et d'adaptation aux générations futures.

Rentrez en immersion sur une place de chant en cliquant ici.

En été

Quelques jours après l'accouplement, la poule pond de 6 à 9 oeufs qu'elle couvera pendant 28 jours. Le nid est disposé à même le sol sans aménagement particulier ce qui le rend vulnérable face aux prédateurs (martre, renard, sanglier...). Au pied d'un arbre ou d'une souche, voire d'un mur, derrière un rocher ou dans une touffe de myrtille, les sites de pontes sont variés.

En cas de destruction du nid et selon sa condition physique, la poule peut procéder à une ponte de remplacement.

Les jeunes sont nidifuges, c'est-à-dire qu'ils quittent le nid quelques heures après l'éclosion (généralement première quinzaine de juin). Accompagnés de leur mère, ils se dirigent vers des espaces de forêts plus ouverts, type prés-bois, pas trop accidentés et couverts d'un riche tapis herbacé. C'est là seulement que les poussins trouveront les insectes (criquets, fourmis, chenilles ...) leur permettant de grossir rapidement : 2 kg en 3 mois pour un jeune mâle ! En fin d'été les jeunes et adultes se déplacent vers les champs de framboises et de myrtilles pour s'en gaver.

A cette saison, les grands tétras investissent un vaste domaine et passe la majeure partie de la journée au sol, se camouflant dans les hautes herbes et les buissons bas d'où il jaillira en vol s'il ne peut s'enfuir à pied.

En automne

C'est la belle saison pour le grand tétras puisque quantité de baies sauvages sont à sa disposition : sorbes, myrtilles, framboises... Il profite de cette source de nourriture pour accumuler des réserves avant l'hiver. C'est également le moment pour les jeunes de quitter la nichée et de trouver un domaine vital pour s'installer. L'installation définitive ne se fera qu'à l'âge de 2 ou 3 ans pour les mâles et 1 an pour les femelles. Ils peuvent alors explorer de vastes surfaces avant de s'installer (jusqu'à 700 hectares). Malheureusement, tous ces déplacements les rendent particulièrement sensibles face aux prédateurs.