La prédation sur les pontes et les jeunes de grand tétras, en particulier par la martre et le renard est le facteur limitant principal du succès de la reproduction. Le sanglier, en densités importantes est de plus en plus accusé d’être un redoutable prédateur des pontes et des jeunes poussins. Mais on manque encore de preuves scientifiques à ce sujet. La prédation par des rapaces et des mammifères est aussi la principale cause de mortalité des adultes. Son impact sur les effectifs de reproducteurs au printemps demeure difficile à évaluer.
Les infrastructures et la fréquentation touristique L’implantation des domaines skiables alpins ou nordiques (routes d’accès, bâtiments, pistes, remontées mécaniques, dispositifs de déclenchement des avalanches…) est à l’origine d’une perte importante et/ou du fractionnement des habitats favorables, ainsi que de dérangements hivernaux par les skieurs, surfeurs, randonneurs en raquettes, explosifs destinés au déclenchement des avalanches…entraînant une diminution significative, voire une extinction locale, des effectifs de grand tétras. La voirie forestière et pastorale est souvent associée à une régression du grand tétras, car, outre une intensification de la sylviculture affectant parfois la qualité des habitats, elle entraîne une augmentation presque systématique des activités touristiques, et de la pression de chasse. Les activités touristiques estivales (randonnée, vélo tout terrain…) sont sans doute moins préjudiciables au grand tétras que celles qui se pratiquent en hiver, sauf dans les cas de fréquentation massive et non canalisée.
Dégradation et modification des habitats a été un facteur majeur du déclin du grand tétras observé en France depuis 50 ans. Parmi les plus importantes, on peut citer la fermeture des milieux, qui peut résulter de multiples causes dont les principales sont :
le déclin ou l’arrêt du pâturage en forêt,
l’intensification de la sylviculture par un rajeunissement général des forêts.
L es conditions météorologiques durant la période de reproduction (de la période précédant la ponte aux premières semaines de vie des jeunes) influent fortement sur le succès de la reproduction. Dans les massifs montagneux français, les données de la Météorologie Nationale font aussi état de récents changements dans les conditions atmosphériques estivales, alors que parallèlement, on assiste à une diminution significative du succès de la reproduction dans le Jura. Ainsi, il est probable que, comme pour l’Ecosse, les changements climatiques en cours jouent un rôle déterminant dans le devenir des populations.