Le grand tétras sélectionne son habitat au fil de saison, afin que celui-ci lui apporte toutes les ressources dont il a besoin. Il possède ainsi un territoire très vaste sur lequel il restera toute sa vie.
En fonction de ses activités, il est plus ou moins vulnérable au dérangement ou à la prédation. Ainsi certaines saisons peuvent se révéler très critiques pour sa survie.
En hiver
Dès que la neige recouvre le sol, le grand tétras vit dans les arbres, passant des perchoirs de nourrissage (Pin ou Sapin) à ceux de repos (Hêtre, Erable, Pin). L’unique nourriture disponible durant cette saison est les aiguilles de résineux. Seuls le sapin et le pin (plus rare dans le jura) sont mangés dans nos régions, l’épicéa étant délaissé. La digestion est lente et la nourriture, bien qu’abondante est peu énergétique. Le grand tétras est alors contraint d’économiser au maximum son énergie. Il minimisera ses déplacements, vivant sur un territoire de quelques hectares seulement.
C’est la raison pour laquelle à cette saison, il a besoin du plus grand calme. Des dérangements successifs engendreront des dépenses énergétiques considérables et non renouvelables. Il sera alors une proie facile pour les prédateurs, et n’aura peut être pas l’énergie suffisante pour commencer la saison de reproduction.
Au printemps
Alors qu’une nouvelle source de nourriture apparait, la saison des amours approche. Les bourgeons de hêtre vont procurer au grand tétras assez d’énergie pour commencer les parades. Tous les coqs d’une sous-population vont se rejoindre chaque jour sur la place de chant pour les parades nuptiales. La place de chant ou arène, se trouve en général au centre des meilleurs secteurs d’hivernage des coqs, et des sites de nidification des poules.
En été
Marcheur invétéré, il investit un vaste domaine à l’arrivée des beaux jours. Peu adapté au vol, il l’est particulièrement bien pour la marche et la course. Le Grand tétras vit toute la journée au sol, se camouflant dans les hautes herbes et les buissons bas d’où il jaillira en vol s’il ne peut s’enfuir à pied. Il se perche le soir dans des feuillus à l’abri du Renard et de la Martre. Les poules guident leurs nichées vers des espaces de forêts plus ouverts, type prés-bois, pas trop accidentés et couverts d’un riche tapis herbacé. C’est là seulement que les poussins trouveront les insectes (criquets, fourmis, chenilles ...), les graines et autres fleurs leur permettant de grossir rapidement (2Kg en 3 mois pour un jeune mâle !). Jeunes et adultes se déplacent vers les champs de framboises et de myrtilles pour s’en gaver ; ils n’hésitent pas à errer assez loin de leur domaine vital habituel pour grappiller aussi sorbes, baies d’églantiers, faines et même céréales, dans des milieux beaucoup plus divers.
En automne
C’est la belle saison pour le grand tétras puisque quantité de baies sauvages sont à sa disposition : sorbes, myrtilles, framboises… Il profite de cette source de nourriture pour accumuler des réserves avant l’hiver. C’est également le moment pour les jeunes de trouver un territoire pour s’installer.