Voici plusieurs années que le phénomène des coqs mous/fous se multiplie. Le dernier en date remonte début novembre 2010. Un jeune tétras est observé à plusieurs reprises aux abords des villages de Grande-rivière, Château des Prés et La Rixouse (39).
Comment expliquer ces comportements anormaux ?
L’origine de ces comportements restent flous. Plusieurs hypothèses ont été avancées : le manque de contact avec des congénères, un dysfonctionnement au niveau des hormones sexuelles…Celle qui est aujourd’hui mise en avant par les scientifiques est un d érangement excessif lors de leur première année. Cependant, des recherches sur plusieurs mâles agressifs ont montré que ces derniers avaient une concentration en testostérone (hormone sexuelle) deux à cinq fois supérieure à la moyenne.
Du coq mou au coq fou…
Ce qui est certain c’est que ces deux phases se suivent chez un même oiseau. Les coqs sont tout d’abord « mous » et deviennent « fous » en vieillissant. Les observations de coq mous sont faites sur des jeunes mâles (dans leur première année) et se caractérisent par une grande confiance vis-à-vis de l’homme. Ces oiseaux sont en phase de dispersion et recherche vraisemblablement le contact avec les hommes. Nous les observons aux abords des habitations et même des piste de ski !

En vieillissant, les coqs deviennent fou et retournent en forêt. C’est à ce moment qu’il peut y avoir des cas d’attaque. Des expériences ont démontré que les mâles au comportement atypique défendaient un territoire beaucoup plus vaste (20-100 ha) que les oiseaux "normaux" (9-12 ha). Les coqs courent après les’intrus jusqu’à la limite de leurs domaines vitaux. On estime qu’environ 1% de la population du Grand Tétras a un comportement anormal. Le comportement que prend l’oiseau est semblable à celui que l’on peut observer au moment du chant (normalement mi avril/mi mai). Hors, chez ces oiseaux, ce comportement commence parfois dès l’hiver jusqu’à la fin du printemps et peut parfois reprendre à l’automne.
Lors d’une étude finlandaise, on a observé des mâles qui s’accouplaient sans hésitation avec une femelle en peluche et en Suède, un mâle a même essayé de copuler avec le chapeau d’un photographe…

Des exemples rencontrés chez les femelles.
Ce phénomène ne touche pas que les mâles, quelques exemples de poules ayant un comportement semblable ont été enregistrés. Ces dernières se mettent en position d’accouplement au contact des hommes et évitent celui des mâles de leur espèce. Pendant la saison de la parade, elles apparaissent près des habitations, parfois à plusieurs dizaines de kilomètres de leur habitat. Des études télémétriques ont prouvé qu’au moment de la dispersion celles-ci s’aventuraient en moyenne plus loin et avaient un domaine vital bien plus vaste que les autres oiseaux. Ce comportement intrépide et cette errance chez certaines poules n’ont été notés que pendant la saison de reproduction, mais peuvent se produire plusieurs années de suite. Fait intéressant, plusieurs de ces poules "atypiques" semblaient présenter des zones roses marquées au-dessus des yeux, rappelant les caroncules des mâles.
Que faire en cas de découverte d’un coq « mou » ou « fou » ?
Il ne faut absolument pas chercher la confrontation !!!
le signaler au Groupe Tétras Jura et à l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.
ne pas s’approcher de l’oiseau et continuer son chemin.
ne pas nourrir l’oiseau.
ne pas faire de publicité notamment à travers les médias.
Il est possible dans les secteurs concernés par la présence d’un oiseau de réaliser des soirées d’information et de sensibilisation auprès de la population locale. Ces dernières permettrons de prévenir d’éventuelles réactions de défense disproportionnées de la part des promeneurs mettant en danger l’animal.
Voici quelques vidéos d’attaques de coq fous. Toutes, exemple d’un comportement non respectueux vis à vis de l’oiseau.
En février 2010 (Doubs) :
http://wizzz.telerama.fr/srdanapix/videos/6082720210
En Autriche :
http://www.youtube.com/watch ?v=VW40r8ZWL08&feature=related
http://www.youtube.com/watch ?v=YVaHZkjAHHg&NR=1
Nous pouvons conclure sur le fait que ces comportements anormaux ont une origine physiologique et ne sont pas la manifestation d’une anthropisation de l’espèce.